Livre
Pesticides kids : quand les enfants sont intoxiqués
Un livre-enquête d'utilité publique.
Date de publication : 18/09/2026
Prix : 15 €
Editeur : Nouriturfu
Le livre Pesticides kids est du genre à ne pas vous laisser indemnes. Dès la préface, écrite par une adolescente de 17 ans : « Après avoir été diagnostiquée, une question n’a cessé de revenir : pourquoi ai-je eu une leucémie à dix ans ? » Cette dernière évoque ensuite son enfance, sa maison qui borde des champs agricoles… On en ressort lessivés, et en colère. Comme le dit un chercheur interrogé : « Comment peut-on avoir un agriculteur habillé en cosmonaute qui traite, et des captages d’eau potable juste à côté qui alimentent des dizaines de milliers de personnes ? Comment c’est possible ? »
« Avec ce livre, nous entendons contribuer à rendre visible le sujet de la santé sacrifiée des enfants par l’usage massif de pesticides. Et concourir à sortir du déni politique qui s’installe jusqu’au plus haut sommet de l’État », écrivent les journalistes, autrices de l’ouvrage. Car les choses avancent sur deux pieds. D’un côté, la loi Duplomb et les décisions néfastes de l’État qui ne fait rien contre ce scandale sanitaire. De l’autre, la création en 2020, par ce même État, du Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides. Le but : que les enfants exposés in utero puissent obtenir réparation. Troubles du neurodéveloppement, becs de lièvre, leucémie… Les conséquences peuvent être terribles.

Des parents qui deviennent enquêteurs
Le livre se lit très facilement car il est incarné. De nombreuses personnes sont interviewées, et notamment des enfants, à qui les autrices n’ont pas retiré la parole. Pesticides kids balaie de nombreux sujets : les clusters cancers pédiatriques comme en Loire-Atlantique, le chlordécone, un pesticide qui plombe les Antilles… Mais aussi les parents qui deviennent enquêteurs. Les soignants qui s’engagent, et bien sûr, la puissance de la lutte. Celle de Cancer Colère par exemple. La thématique est brûlante : plusieurs milliers de personnes ont manifesté, le 3 octobre dans l’Eure, près d’une usine de Syngenta, leader mondial des pesticides.
« Réduire ou renoncer à ces outils d’apparence miraculeuse que sont les pesticides ne peut se faire en un claquement de doigts », écrivent les autrices dans leur conclusion. Pour cela, il faut du temps, et un fort soutien, notamment financier, de l’État. Car oui, des grandes cultures sans pesticides sont viables, cela a été prouvé.
Pas de commentaires