Des gens qui se bougent

Saint-Médard-en-Jalles, la ville championne de la biodiversité

Cette ville de Nouvelle-Aquitaine a été élue capitale française de la biodiversité en 2024.

Stéphane Delpeyrat-Vincent, maire de Saint-Médard-en-Jalle, la ville de la biodiversité. Crédits : Saint-Médard-en-Jalles.
Stéphane Delpeyrat-Vincent, maire de Saint-Médard-en-Jalle, la ville de la biodiversité. Crédits : Saint-Médard-en-Jalles.

Écrit par Catherine Cattin

La ville de Saint-Médard-en-Jalles, en Gironde (Nouvelle-Aquitaine), a été élue championne française de la biodiversité en 2024. Depuis 2020, cette ville de 32 000 habitants a mis en place une politique globale en faveur de la biodiversité. Échange avec Stéphane Delpeyrat-Vincent, le maire socialiste, largement réélu en mars dernier.

Comment avez-vous intégré la transition écologique dans le quotidien des services de la mairie ?

Nous avons rattaché le service transition écologique au directeur général des services. Le directeur général des services supervise tous les projets. En lui rattachant le service transition écologique, cela permet d’intégrer la dimension environnementale dans tous les projets.

Comme dans celui de la nouvelle maison de la petite enfance, un de nos projets-phare. Elle a été construite sur un site boisé à la lisière d’une des forêts de la commune. Le bâtiment a été réalisé avec des matériaux comme la terre crue et le bois. Et avant même de dessiner les plans de construction, nous avons fait un inventaire de la biodiversité. Un écologue a évalué pendant un an quelles espèces animales et végétales étaient présentes sur le site. Son diagnostic a permis de mettre en évidence les zones de chasse de chauve-souris, la présence d’arbres remarquables et les lieux habités par le criquet des dunes. Ce sont tous ces éléments qui ont déterminé l’emplacement des bâtiments, ce qui a permis d’éviter les impacts sur cette biodiversité.

Comment réagissent les services à cette organisation ?

Tous les services comprennent les avantages de travailler ainsi. Si on reprend l’exemple de la maison de la petite enfance, le service des finances y a aussi vu son intérêt. En intégrant la future maison de la petite enfance à son environnement dès le départ, nous n’avons pas eu besoin de financer une étude sur l’impact de la dénaturation. Nous n’avons pas non plus eu besoin de compenser les impacts sur un autre site municipal. Tout cela nous a fait faire des économies.

La ville a aussi réintégré la nature dans le centre urbain

Effectivement, plusieurs rues de Saint-Médard-en-Jalles comptent des façades et des toitures végétalisées par la municipalité en concertation avec les habitants. L’objectif est de réintégrer la biodiversité en centre-ville et d’abaisser la température des bâtiments.

Cela fait 2 ans que les façades végétalisées sont en place. Nous constatons un retour des pollinisateurs. Par ailleurs, nous avons mené une étude avec le Cerema. Cette étude nous a permis de constater un abaissement de la température sur la façade de plus de 8 degrés.

Vous impliquez aussi la population dans la mise en place de ces dispositifs

Oui, c’est même la base de notre mode d’action. Chacun peut agir et l’engagement des citoyens est déterminant ! Par exemple, pour protéger les espaces naturels, la ville a acheté auprès des particuliers des zones d’intérêts écologiques tant d’un point de vue des espèces animales que végétales.

Si je prends l’exemple de l’espace de Dupérier, nous avons construit cette zone de préemption avec les habitants et les usagers à partir d’une feuille blanche. Pendant 8 séances, nous avons fait intervenir des experts afin de développer la connaissance et l’expertise des habitants sur toutes ces notions liées à la biodiversité. A la fin de ce processus, les participants ont tracé eux-mêmes les espaces sur une carte en disant : c’est là qu’on veut que la commune puisse faire des inventaires écologiques pour ensuite mettre en valeur le site.

Vous avez d’autres exemples de ce que la ville fait en matière de biodiversité ?

La ville distribue des nichoirs, des gîtes à chauve-souris et des passages à hérisson aux habitants. Ces abris leur sont remis gratuitement, à condition qu’ils s’engagent à participer à un programme de science participative. Un autre exemple, c’est celui des moutons landais sur le terrain de l’Ephad. Ils « tondent » la pelouse et offrent une médiation animale auprès des résidents.

 

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