Le point sur
Adieu le bitume dans les écoles, bonjour aux cours oasis !
De l'ombre et des plantations pour perdre quelques degrés... et apprendre à jardiner.
Avez-vous déjà essayé de jouer à chat sous 40° et un soleil de plomb ? C’est pourtant ce qui attend les enfants une bonne partie de l’année du fait du réchauffement climatique. Pour faire face à ces températures et améliorer le quotidien dans les espaces extérieurs des écoles, de nombreuses communes installent des cours oasis au sein des établissements scolaires.
Apparues à Paris en 2018, les cours oasis, ou cours végétalisées, se multiplient depuis dans toute la France, dans les grandes villes, comme Limoges par exemple, et dans les plus petites. Et ce dans tout type d’établissement, de la maternelle au lycée. On en compte ainsi près de 250 à Paris, ou encore 129 à Toulouse. Elles font souvent l’objet d’une concertation de la Ville avec plusieurs parties prenantes, comme à Saint-Maixent-l’École dans les Deux-Sèvres. L’ensemble des intéressés participent aux discussions : les équipes enseignantes, le personnel des écoles, les parents d’élèves et élèves eux-mêmes, les agents municipaux, les élus ou encore des partenaires institutionnels comme les agences de l’eau.
Si les aménagements réalisés diffèrent d’un établissement à l’autre, on retrouve dans chaque cour deux principaux marqueurs : la végétalisation et le rafraîchissement du sol. Des arbres sont ainsi plantés pour apporter de l’ombrage. Les sols en bitume sont, eux, remplacés totalement ou en partie par des matériaux perméables, souvent naturels, qui conservent l’humidité et la fraîcheur. Cela peut être des copeaux de bois, bien que, d’expérience de parent, leur volume se réduise rapidement dans les cours pour remplir les poches (et les chambres…) des enfants. Mais on trouve aussi parmi les matières utilisées du béton drainant, des pavés végétalisés, ou du platelage. Selon les matériaux utilisés et la surface à équiper, le coût d’une cour oasis varie de 300 000 à 600 000€.
Éduquer à la biodiversité
Les plantations d’arbres, d’arbustes ou de parterres ont une autre vertu, pédagogique cette fois. Les enseignants disposent grâce à elles d’un terrain d’observation ou de jardinage pour initier les élèves à la biodiversité, au respect des espèces végétales ou encore au rythme des saisons.
Au-delà des objectifs climatiques et pédagogiques, le réaménagement des cours d’école peut aussi permettre de mieux partager l’espace extérieur. En lieu et place d’un terrain de football, l’école Compans (Paris 19ème) a ainsi installé des buttes végétalisées au milieu de sa cour. Une façon de limiter la mise à l’écart de ceux – et plus souvent celles – qui ne jouent pas au foot, auparavant repoussés en bordure de cour.
Seule réserve, rapportée par Reporterre lors de son reportage dans cette école : la transformation des grands espaces en plus petites parcelles abritées multiplie les recoins et complique la surveillance. Réponse de Joséphine Bussière, designeuse de services en architecture éducative et inclusive pour la Ville de Paris : “Certains nous disent que cela peut être dangereux. Mais on défend l’apprentissage par le risque. Les enfants doivent apprendre à tester leurs limites.” De quoi renforcer les vertus pédagogiques des cours végétalisées.

Crédit photo de Une : Marie Konstantinovitch / Ville de Paris (initialement publiée ici)
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