Le point sur

Comment la convention Ramsar protège-t-elle les zones humides, indispensables à l’humanité

Elle recense plus de 2 500 sites en danger dans le monde.

Vue aérienne de la Baie de Somme, parmi les zones humides recensées par la convention Ramsar. Crédits : François Boizot
Vue aérienne de la Baie de Somme, parmi les zones humides recensées par la convention Ramsar. Crédits : François Boizot

Écrit par Mathieu Bardeau

Depuis le début de l’année, les deux zones humides que sont la Loire des confluences, un site de 18 000 ha entre Tours et Angers, et la Tourbière des Saisies Beaufortain – Val d’Arly, située en Savoie, ont rejoint la liste de Ramsar. Cette liste est établie dans le cadre de la Convention sur les Zones Humides, qui se donne pour mission « la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides par des actions locales, régionales et nationales et par la coopération internationale, en tant que contribution à la réalisation du développement durable dans le monde entier ».

L’occasion de vous présenter cette organisation et de revenir sur les zones humides et leurs enjeux.

Les zones humides, un enjeu planétaire

D’abord qu’appelle-t-on zone humide ? D’après la Convention, ce terme regroupe “tous les lacs et cours d’eau, les aquifères souterrains, les marécages et marais, les prairies humides, les tourbières, les oasis, les estuaires, les deltas et étendues intertidales, les mangroves et autres zones côtières, les récifs coralliens et tous les sites artificiels tels que les étangs de pisciculture, les rizières, les retenues et les marais salés.” Une définition large donc, mais tous les espaces cités ont bien un point commun : ils sont vitaux pour la survie des organismes vivants et donc de l’humanité. Leur rôle peut se jouer à différents niveaux : apport d’eau potable, développement de la biodiversité, maîtrise des crues, recharge des nappes souterraines ou encore atténuation des changements climatiques. 

Autre point commun : tous ces espaces sont en danger. Et notamment du fait de l’activité humaine. Citons parmi les causes de leur fragilisation : 

  • l’expansion de l’agriculture intensive et du pâturage
  • la construction de digues, barrages et canalisations 
  • la création d’infrastructures intrusives, par exemple en matière de tourisme 
  • la pollution de l’air et de l’eau 

Sur le long terme, les conséquences sont désastreuses. On estime qu’au moins 1 milliard de personnes voient petit à petit leur accès à l’eau douce diminuer. Rien d’étonnant lorsque l’on sait que 64 % des zones humides ont disparu depuis 1900. Et d’après le WWF, les populations d’espèces d’eau douce ont diminué de 76 % entre 1970 et 2010.

 

La Brenne, inscrite sur la liste Ramsar - crédits Adobe Stock
La Brenne, inscrite sur la liste Ramsar – crédits Adobe Stock

Un traité international pour sauvegarder les zones humides

C’est en réponse à ces dangers que 18 pays ont signé en 1971 la Convention de Ramsar, du nom d’une ville iranienne où ils se réunissaient. Cette convention engage, entre autres, les pays signataires à : 

  • assurer la conservation des zones humides dans leurs politiques d’aménagement
  • utiliser de façon rationnelle leurs ressources
  • inscrire des sites sur la liste Ramsar
  • soutenir la recherche pour les zones humides

Aujourd’hui, la Convention compte 173 signataires et la liste Ramsar recense plus de 2 500 sites, dont la superficie totale dépasse celle du Mexique. Pour y figurer, les zones doivent respecter 1 critère sur les 9 définis par la Convention, parmi lesquels:

  • abriter des espèces végétales ou animales vulnérables ou menacées d’extinction
  • abriter au moins 20 000 oiseaux d’eau
  • abriter 1 % d’une population globale d’oiseaux d’eau
  • servir de source d’alimentation ou de voie de migration à des espèces de poisson

Des actions limitées

Si la constitution de la liste permet d’identifier les sites en danger et de faire connaître leur situation à la communauté internationale, elle n’engage cependant personne d’autre… que la pays hôte de la zone humide. D’après les termes de la convention, ce sont en effet les pays signataires qui doivent, chacun séparément, entretenir leurs zones humides selon les termes du traité, sans qu’aucune mesure contraignante ne leur soit imposée. Par exemple, en proposant l’intégration de la Loire des confluences et de la tourbière des Saisies à la liste, la France ne fait rien d’autre que de s’engager à en assurer la bonne gestion et la survie. Mais aucun organisme n’a le pouvoir de lui faire respecter ses engagements. C’est là toute la limite de cette initiative, incitative mais non contraignante.

 

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