Analyse
Les femmes sont beaucoup plus vulnérables face au réchauffement climatique
Il aggrave les inégalités existantes.
Les femmes sont plus impactées par les conséquences du réchauffement climatique. Celui-ci vient en effet aggraver les inégalités existantes. « Le nombre de femmes confrontées à l’insécurité alimentaire et à la faim est supérieur de 47,8 millions par rapport à celui des hommes », explique les Nations-Unies. Plus de de 60 % des personnes les plus pauvres sont des femmes.
Les bouleversements environnementaux ne feront que renforcer ces fractures. Selon le rapport Gros plan sur l’égalité des sexes, le changement climatique pourrait faire basculer jusqu’à 158 millions de femmes et de filles supplémentaires dans la pauvreté d’ici 2050. C’est 16 millions de plus que le nombre total d’hommes et de garçons. Pas moins de 80 % des personnes déplacées par le changement climatique sont des femmes et des filles. Les femmes ont également 14 fois plus de risque de mourir à la suite d’une catastrophe naturelle, selon l’Unesco. Lors du tsunami de 2004 qui a touché les pays de l’océan Indien, « 70% des personnes décédées étaient des femmes », note le Conseil économique social et environnemental (Cese).
Au-delà de la précarité, elles sont confrontées à « des disparités en termes d’information, de mobilité, de prise de décision et d’accès aux ressources et aux formations », explique le rapport de l’ONU. En d’autres termes : les femmes sont moins préparées à faire face aux situations d’urgence. Elles sont aussi culturellement moins encouragées à faire du sport, comme apprendre à nager ou à grimper aux arbres. Leurs vêtements, comme le sari en Inde et au Pakistan, peuvent également les empêcher de se mouvoir facilement.
Une hausse des violences
Plusieurs rapports estiment que le réchauffement climatique va également exacerber les violences envers les femmes et les filles.
Une étude de 2018 menée en Espagne montre ainsi une hausse jusqu’à 40% des féminicides lors des vagues de chaleur. « Chaque augmentation de température de 1 °C est associée à une hausse de 4,7 % des violences conjugales », alerte quant à lui un rapport d’Initiative Spotlight (ONU) de 2025. Le rapport explique qu’il n’y a pas une corrélation directe entre le changement climatique et les violences sexistes. Mais le changement climatique entraîne instabilité économique, manque de nourriture, manque d’eau et dégradation des infrastructures. Et tous ces facteurs sont un terreau fertile pour les violences faites aux femmes.
« Une augmentation de la traite des êtres humains, de l’exploitation et des abus sexuels a été constatée à la suite des déplacements de population causés par des catastrophes et des phénomènes à évolution lente comme la désertification », détaille notamment le rapport.
Face à ce constat, la COP30 a adopté un « plan d’action pour l’égalité des genres », à Belém. Celui-ci doit permettre une meilleure intégration de la justice de genre dans l’action climatique de 2026 à 2034.
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