Guide pratique écologique
Comment aider nos agriculteurs et nos agricultrices ?
Il existe plein de solutions faciles à mettre en œuvre par nous tous.
D’après ce post de l’ingénieur et consultant Jean-Marc Jancovici sur LinkedIn, seulement 7 % de nos dépenses alimentaires iraient dans la poche de nos agricultrices et agriculteurs français. Les 93 % restant financent, dans l’ordre de la chaîne de valeur, la transformation des produits agricoles, leur transport, leur entreposage, leur distribution. Et d’autres parties prenantes de cette chaîne comme les banquiers, les publicitaires, les importateurs. Or les revenus des agriculteurs en France sont très disparates. Rappelons que 40 % d’entre eux ont un revenu inférieur au SMIC annuel brut. Alors comment pouvons-nous en tant que consommatrices et consommateurs aider nos agriculteurs et nos agricultrices ?
Légumes, fruits, œufs, viande, poisson : en premier lieu, achetons français
Si nous voulons que nos agriculteurs et nos agricultrices s’en sortent mieux, la base est d’acheter leurs produits, donc de consommer des denrées agricoles qui viennent de France. Des poissons pêchés en France et de la viande en provenance d’élevages français. En général, la provenance des fruits et légumes est bien mentionnée sur les étiquettes. Ce n’est pas toujours le cas pour la viande et encore moins pour le poisson. Et c’est encore plus compliqué lorsque la denrée agricole a subi une transformation. Pour preuve, le scandale en cours concernant l’entreprise Hénaff dans le Finistère : leurs langues de boeuf étiquetées « Produit en Bretagne » proviennent d’Amérique du Sud. Alors, bien sûr, ces langues de boeuf ont été cuisinées en Bretagne mais avouez qu’il y a de quoi perdre le consommateur.
Acheter au maximum en direct du producteur
Moins il y aura d’intermédiaires, plus le producteur sera rémunéré. Nous avions fait plusieurs chroniques sur La Ferme des Prés d’Orée en Anjou. La ferme s’en est sortie financièrement en passant d’un système de vente de son lait à une coopérative à un système de vente directe à la ferme. Mais lorsqu’on habite dans une grande ville, il n’est pas toujours facile d’acheter en direct au producteur. Les marchés peuvent être une solution. Discutez avec les vendeurs afin de savoir comment ils s’approvisionnent. Sont-ils eux-mêmes producteurs ou en direct avec des producteurs dont ils connaissent les pratiques ?
Et puis il existe aussi le système des AMAP. Les Amap (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) permettent de créer un lien direct entre consommateurs et producteurs, d’assurer un revenu stable aux paysans et de recevoir chaque semaine des produits frais, locaux et de saison. Ces associations sont de plus en plus présentes en ville.
Du brut, du bio et de saison
Acheter Français, en direct du producteur, c’est déjà très bien mais il faut aller encore plus loin. En privilégiant les agriculteurs qui œuvrent à une agriculture protectrice de l’environnement, de leur santé et de celle des citoyens. L’idéal est de consommer des fruits et légumes bio et de saison. Si vous mangez du poisson, privilégiez des espèces qui ne sont pas sur-consommées et qui sont pêchées avec des techniques de pêche durables.
Et puis cuisinons et mangeons des aliments bruts. La grande distribution regorge de produits transformés voire ultra-transformés. Et qui dit transformation, dit plusieurs acteurs qui doivent se rémunérer sur la chaîne de valeur, souvent au détriment du premier maillon de la chaîne : l’agriculteur. En cuisinant à partir d’ingrédients bruts, de saison, locaux et idéalement bio, nous évitons les pesticides, les additifs douteux, le trop de sel, le trop de sucre et les emballages. Et nous permettons à des agriculteurs engagés dans des pratiques vertueuses, de gagner correctement leur vie.
Pour aider nos agriculteurs, acceptons de payer plus cher notre alimentation
Méfions-nous des spots publicitaires qui donnent le kilo d’endives à 1 € ! A chaque fois que des prix très bas sont mis en avant, posons-nous la question : comment l’agriculteur peut-il vivre avec un prix pareil ? Aujourd’hui, nous dépensons moins de 15 % de nos revenus pour nous nourrir. Dans les années 1960, l’alimentation représentait 30 % de notre budget total.
Ce n’est pas toujours facile de payer plus cher mais des solutions existent. Les magasins bio spécialisés font la part belle aux légumes et fruits de nos régions. Les prix sont souvent accessibles. Et certains, comme Biocoop, proposent régulièrement des paniers de légumes un peu abîmés et donc un peu moins chers.
Il est aussi possible de faire de nouveaux arbitrages au sein de son alimentation. Par exemple, en limitant les achats de boissons en grande distribution qui ne rapportent guère à nos agriculteurs, génèrent du plastique et ne sont pas très bons pour la santé. Saviez-vous qu’en 2025, les vingt produits les plus achetés (en valeur) dans la grande distribution française sont tous des boissons dont alcool, sodas et bouteilles d’eau en plastique* ?
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