Film, émission, spectacle
Agricultures alternatives : en une minute de vidéo, un scientifique dénonce la désinformation
L'agriculture conventionnelle coûte beaucoup plus chère qu'on ne le croit.
Date de sortie : 01/02/2026
Réalisateur : France 24
Le biologiste Marc-André Selosse déplore dans une interview à France 24, une absence de prise en compte sérieuse des alternatives à l’agriculture conventionnelle. « Il faut arrêter avec cette fake news que les agricultures alternatives ne marchent pas » exprime le scientifique. « Elles demandent juste un pas qu’il faut aider l’agriculture à franchir pour s’adapter en termes de pratique et de machinisme ». Et les moyens manquent pour accompagner la transition des agriculteurs.
Loi d’urgence agricole et PAC
La loi d’urgence agricole a autorisé cet été la réintroduction dérogatoire de l’acétamipride et du flupyradifurone. La France avait interdit ces deux insecticides depuis 2018 en raison de leur dangerosité pour la santé et l’environnement.
Les défenseurs de cette réintroduction, parmi lesquels la FNSEA, entendent par cette mesure «préserver la souveraineté alimentaire de la France et maintenir la compétitivité de certaines filières agricoles, notamment celles de la betterave sucrière et de la noisette».
Ce constat a été mis en exergue dans un rapport de la Cour des comptes sur la déclinaison française de la PAC, publié le 3 septembre. « La France a fait le choix d’un dispositif d’écorégimes peu ambitieux, accordé largement sans exigence et donc sans effet significatif sur l’évolution des pratiques agricoles », souligne le document. L’enveloppe d’aide au maintien de l’agriculture biologique a par exemple été supprimée en 2025.
Agriculture et coûts cachés
Le maintien de la compétitivité française grâce à la réintroduction des néonicotinoïdes est également une stratégie court-termiste. Marc-André Selosse rappelle la nécessité de prendre en compte le coût caché de l’alimentation pour la société et l’environnement. « 1 euro de nourriture achetée nous coûte entre 1 et 2 euros d’externalités négatives », note le scientifique.
Sans oublier l’impact sur la santé. Maladies liées aux pesticides (cancer, malformations…), aux engrais (cadmium)… Les scandales sanitaires s’enchaînent les uns après les autres. « Le Fond d’indemnisation des pesticides a vu ses demandes augmenter en 2024 de 44%, rappelle Marc-André Selosse. C’est une fortune à dépenser en frais de santé ».

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