Guide pratique écologique
Les agricultures alternatives : agroécologie, permaculture, agriculture régénératrice, agriculture biologique… Quelle différence ?
On vous aide à vous y retrouver !
Agroécologie, permaculture, agriculture régénératrice, agriculture à haute valeur environnementale… Quelle est la différence entre toutes ces appellations d’agricultures alternatives ? On vous aide à faire le point.
Partons déjà de leur point commun : toutes ces méthodes ont pour objectif de rendre l’agriculture plus durable. Mais elles sont plus ou moins exigeantes, encadrées et contraignantes.
L’agroécologie
L’agroécologie n’a pas de cahier des charges officiel.
Il ne s’agit pas d’une technique agricole précise mais plutôt d’une approche globale qui s’inspire du fonctionnement naturel des écosystème pour faire interagir l’humain et son environnement agricole. Elle porte une attention particulière à la vie des sols et prône une autonomie en matière d’intrants (l’eau, les fertilisants…). Elle s’appuie avant tout sur les ressources naturelles locales et le travail humain. L’agroécologie peut intégrer différentes pratiques agricoles comme l’agriculture biologique ou l’agriculture régénératrice (voir plus bas).
La permaculture
La permaculture se rapproche de l’agroécologie. Elle consiste à concevoir des systèmes productifs en s’inspirant des écosystèmes naturels.
La permaculture intègre en plus des enjeux d’organisation et d’agencement des cultures afin d’optimiser les co-bénéfices. Par exemple, les plants de tomates peuvent être associées au basilic ou aux oignons, qui repoussent naturellement les ravageurs.
L’agriculture biologique
C’est l’une des pratiques les plus connues et reconnues. Et pour cause, c’est la plus identifiable, avec le label AB ou le logo européen eurofeuille.
L’agriculture biologique répond à un cahier des charges précis. Celui-ci vise à limiter les impacts négatifs sur l’environnement (eau, biodiversité…). Elle interdit par exemple le recours aux produits chimiques (engrais, pesticides) ou l’utilisation des OGM. Pour se prémunir des adventices, communément appelées « mauvaises herbes », l’agriculture biologique peut recourir au labour des sols. Le label garantit également certaines pratiques plus favorables au bien-être animal. L’élevage hors-sol est interdit, les animaux doivent avoir un accès au plein air et la densité d’animaux en bâtiment et plus faible qu’en élevage conventionnel.
L’agroforesterie
L’agroforesterie repose sur l’association d’arbres avec des cultures ou des animaux sur une même parcelle ( présence de haies et de bocages, association de prés et de vergers…).
Cette pratique présente de nombreux avantages : elle protège les sols et améliore leur fertilité grâce à la dégradation des feuilles ou des racines. Les arbres protègent également les cultures du soleil et des évènements climatiques extrêmes (vent, pluie intense…). Elle permet une meilleure utilisation des ressources et une plus grande diversité biologique.
L’agriculture régénératrice
L’agriculture régénératrice a pour but de restaurer les sols dégradés. Elle prône un non travail du sol (limiter les labours), une couverture permanente – qui consiste à ne jamais laisser le sol nu pour le protéger de l’érosion et l’enrichir en matière organique – et une diversification de la rotation des cultures sur une même parcelle pour préserver la richesse des sols et la biodiversité.
Le label Haute Valeur Environnementale (HVE)
Le logo HVE (Haute Valeur Environnementale) fleurit sur les bouteilles de vin et les emballages alimentaires depuis son lancement en 2011. Porté par les ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture, il atteste de la mise en œuvre d’actions respectueuses de l’environnement et de la biodiversité sur une exploitation. Il fonctionne sur un système de points, attribués en fonction de l’adoption de différentes pratiques : maintien des haies, économie d’eau, réduction des engrais et pesticides de synthèse…
Néanmoins, cette certification est accusée de greenwashing. Un produit siglé HVE peut en effet être tout aussi chimique qu’un produit issu de l’agriculture conventionnelle s’il a obtenu les points nécessaires par ailleurs. L’élevage intensif reste autorisé, ainsi que la culture hors-sol. Différents acteurs, comme la Confédération paysanne s’oppose fermement à ce label. Le syndicat lui reproche notamment de concurrencer de façon déloyale l’agriculture biologique, en détournant les aides financières.
Suite aux critiques, les critères du label HVE ont légèrement été durcis début 2025. L’usage des produits phytosanitaires contenant des substances classées cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction ont par exemple été interdits.
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