Le chiffre
Démographie en France : un pic de 69,8 millions de Français en 2037… avant la baisse
La population va baisser : et alors ?
Le 8 juin dernier, l’Insee a annoncé une date de fin de croissance pour la démographie en France : ce sera en 2037. Cette année-là, la population française atteindrait 69,8 millions d’habitants, son pic historique, avant de connaître une baisse régulière.
Parmi les Français, on comptera alors deux fois moins de jeunes de moins de 20 ans que de seniors de plus de 65 ans. Ces derniers représenteraient 32 % de l’ensemble de la population nationale.
Ce vieillissement de la population et la baisse démographique à venir sont la suite logique de l’annonce faite en début d’année par l’Insee. En 2026, et pour la première fois depuis 1945, le solde naturel du pays est négatif. C’est-à-dire que les décès dépassent le nombre de naissances.
L’économie qui vacille
Si le président Macron a jugé pertinent d’envoyer un courrier cet été aux Françaises et Français de 29 ans pour les inciter à participer au “réarmement démographique” national, c’est que la baisse de la population n’est pas sans conséquences. La France va en effet connaître un déséquilibre de sa pyramide des âges. Pyramide sur laquelle repose notamment le système de santé et des retraites. Avec une question à la clé : comment financer santé et retraite dans le système de répartition actuel ?
Autre conséquence : le modèle capitaliste de croissance économique est lui aussi basé sur l’hypothèse d’une croissance démographique. Et il risque ainsi de vaciller.
Quel modèle voulons-nous ?
D’ici à 2037, la croissance de la population repose uniquement sur le flux migratoire positif. Si l’on veut maintenir notre modèle actuel, ce levier peut être activé. Avec à la clé des recrutements de travailleurs qualifiés venus de l’étranger, et des rapprochements familiaux. Or ceux qui s’alarment de la démographie en berne sont souvent ceux qui ferment aussi les frontières et refusent les titres de séjour. Cela pourrait être une opportunité de voir l’immigration sous un autre prisme que celui proposé par la droite et l’extrême-droite. Tout en ayant en tête que l’immigration est une réalité humaine qui mérite d’être pensée pour ce qu’elle est, et pas seulement pour ce qu’elle rapporte.
Mais derrière cela, une autre question se pose : doit-on chercher à sauver notre modèle capitaliste ? L’économie du pays doit-elle demander aux Français d’adapter leur taux de natalité, leurs désirs d’enfant, leurs projets de vie au besoin impératif de croissance ? Ou au contraire, doit-on choisir une économie qui s’adapte aux tendances démographiques ?
En France comme dans le monde, nombreuses sont les voix qui s’élèvent pour remettre en cause la toute-puissance de la croissance économique, que ce soit pour des raisons écologiques, éthiques, humaines, ou les trois à la fois.
Et si 2037 ne sonnait pas la fin d’un modèle, mais surtout le début d’un nouveau ?
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