On a mis deux fois la même photo et c’est normal. Dans notre interview sur le blob, dont nous vous parlions au tout début, nous avons aussi demandé à Audrey Dussutour ce qu’elle pensait des attaques que subissait la science aujourd’hui.
Notre question était : « On le voit aux États-Unis surtout mais aussi en France, la science est de plus en plus attaquée. Cela vous inquiète-t-il ? »
Et voilà ce que Audrey nous a répondu :
« Oui, bien sûr. Ce qui m’inquiète, ce n’est pas la critique (la science a besoin de débat), c’est la défiance généralisée et l’idée que les faits scientifiques seraient une opinion parmi d’autres. Sur le climat, on a aujourd’hui un volume énorme de données indépendantes qui convergent : mesures de température dans l’air et dans les océans, fonte des glaces, élévation du niveau de la mer, modification des saisons, fréquence et intensité de certains événements extrêmes… On ne parle pas d’une intuition ou d’une opinion : on parle d’observations, de séries temporelles, de méthodes de mesure différentes, faites par des équipes différentes, dans des pays différents, depuis des décennies. Et toutes racontent la même histoire.
Ce qui est difficile, c’est que le débat public fonctionne souvent comme si deux positions se valaient. Alors qu’en science, la question n’est pas “qui parle le mieux” mais “quelles preuves on a, comment elles ont été obtenues, est-ce que d’autres peuvent les vérifier, est-ce que les résultats tiennent quand on change de méthode”.
C’est ça, la force de la science : ce n’est pas la certitude absolue, c’est la construction progressive d’un savoir robuste, collectif, reproductible. La meilleure réponse, à mon sens, c’est de continuer à faire de la science rigoureuse, mais aussi (et surtout) de l’expliquer, de la rendre accessible, de montrer comment on arrive à un résultat scientifique (c’est pourquoi je me suis lancée dans la science citoyenne). »
Cet extrait est à retrouver dans notre interview sur le blob.
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