Le point sur
Le traité sur la haute mer est (enfin) entré en vigueur !
C'est historique.
C’est une victoire pour les défenseurs de la mer, obtenue après deux décennies de discussions internationales. Le 17 janvier 2026, le traité sur la haute mer est entré en vigueur. Quelque 81 Etats membres de l’ONU l’ont ratifié.
Le traité permet d’établir un cadre juridiquement contraignant dans les eaux internationales. Cet espace n’était, jusqu’alors, pas réglementé, ce qui lui valait le surnom de Far West des mers.
L’enjeu est de taille : les eaux internationales représentent 60 % des océans.
Mieux protéger les océans
Le traité ouvre la voie à la création d’aires marines protégées en haute mer, où la pêche n’était pas régulée. Une résolution qui doit permettre d’atteindre la sanctuarisation de 30 % des océans, selon l’objectif fixé par le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal de 2022.
Néanmoins, le traité n’aura qu’un faible impact sur la surpêche. « 99 % des prises des chalutiers de fond sont faites dans les eaux nationales tandis que plus de 90 % des captures de pêche proviennent des zones économiques exclusives (ZEE)* », précise l’association de protection des océans Bloom sur son site internet.
Partager les ressources
Le traité prévoit également la création d’un mécanisme de partage des richesses liées aux bénéfices des ressources génétiques marines. Les industries pharmaceutiques utilisent par exemple ce matériel génétique (issu des plantes, des microbes…) pour créer de nouveaux médicaments. Cette mention est d’autant plus importante pour les États membres que tout est encore à découvrir dans les océans. Les écosystèmes profonds de la haute mer sont en effet encore largement méconnus. « Un peu moins de 300 000 espèces marines ont été décrites à ce jour, explique Pierre-Marie Sarradin, biologiste, au journal du CNRS. Mais les modélisations nous indiquent qu’il pourrait y en avoir entre 1 et 10 millions. » Néanmoins, le traité ne réglemente pas l’exploitation des ressources minérales en eaux profondes, celle-ci étant déjà encadrée par l’Autorité internationale des fonds marins.
Une première Conférences des parties (COP) sur la haute mer est prévue fin 2026 à New-York.
* ZEE : zones économiques exclusives : bande de mer ou d’océan située entre les eaux territoriales et internationales, sur laquelle un État dispose de l’exclusivité d’exploitation des ressources.
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