Coup de cœur durable
Vous aussi, vous pouvez acheter un bout de « forêt hospitalière »
Contre l'appétit des industriels, des alternatives existent !
Nous choisissons et testons nos coups de coeur en toute liberté et sans aucune contrepartie financière.
Parfois, les films sont comme de petites graines. C’est le cas du documentaire Le Temps des forêts (2018), de François Xavier Drouet, qui a conduit à la création de l’association Forêt Hospitalière. Située en Bourgogne du Sud, près de Cluny, elle rassemble des citoyens qui veulent se battre pour garder des forêts vivantes, mélangées, ouvertes à la promenade et à l’émerveillement. Boulanger, apiculteur, forestier… Une quarantaine de personnes ont donné un peu d’argent pour créer ce groupement forestier, acheter des bouts de forêt et les gérer collectivement. Un peu comme une SCI (Société civile immobilière) adaptée aux forêts !
Stop à l’exploitation intensive
Ces habitantes et habitants en avaient assez de l’exploitation intensive, appauvrissant les paysages, la biodiversité et la résilience des forêts face au réchauffement climatique et voulaient agir.
« Quand la forêt de l’ancien hôpital de Bergesserin a été mise en vente, on s’est dit que c’était une belle opportunité pour s’impliquer ensemble dans la gestion et la protection d’une forêt diversifiée », raconte Isabelle Richard, sociétaire du groupement forestier La Forêt Hospitalière. Ras-le-bol des coupes rases et des plantations à gogo de pins Douglas au service de l’agriculture intensive.
Mais la difficulté est de trouver des parcelles. « En face de nous, il y a des agences immobilières qui se sont mises sur le secteur des forts et démarchent les propriétaires. Nous, nous ne sommes que bénévoles. On touche des gens convaincus qui ont envie que leur forêt soient mises entre des mains protectrices », explique Élisa dans le podcast En forêt.
Colos et veillées en forêt
L’achat de la parcelle de la forêt Bergesserin (4,8 hectares) a été conclu fin 2019. Le début d’une belle histoire !
Nouveaux associés, achat de nouvelles parcelles, et plus encore … La première parcelle achetée a accueilli une colonie, Les 400 coups, qui prône l’éducation populaire, des Éclaireurs et Éclaireuses laïques… Mais aussi des formations à l’affouage (la coupe d’arbres), etc. Car l’idée n’est pas de mettre un bois sous cloche. Les prélèvements de bois sont possibles tant qu’ils sont respectueux du milieu.
Et puis, le travail de sensibilisation est au cœur du projet. Un exemple ? « On organise des marquages collectifs pour choisir les arbres à couper dans la forêt. Les sociétaires, avec leurs critères, ont pu marquer deux arbres qu’ils voulaient protéger de la coupe parce qu’ils avaient du sens pour eux », dit Élisa. Toutes les personnes touchées par le sort des forêts sont d’ailleurs les bienvenus à ces opérations de marquage.
Fin 2025, le groupement rassemblait 89 associés, et 18,2 hectares de forêts.
Si vous êtes sensible à la cause
De tels groupements sont en plein boom. Nous sommes des milliers à souffrir des abatages de chênes centenaires. Et des milliers à souhaiter pouvoir nous ressourcer dans des forêts vivantes et préservées. Le premier groupement a vingt ans. Il s’agit du Groupement forestier pour la sauvegarde des feuillus du Morvan, à l’initiative de Lucienne Haèse, dite Lulu du Morvan. Cette grande militante est décédée en mars 2026. Et si une manière de rendre hommage à sa belle lutte était de devenir, à notre tour, sociétaire d’une telle initiative ?
Que faire ?
- Trouver une alternative forestière près de chez vous grâce à cette carte ;
- Faites un don au réseau pour les alternatives forestières ici ou au fonds de dotation Forêts en vie ;
- Soutenir le Groupeme national de surveillance des arbres (GNSA) ;
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