Ça fait réfléchir
A Londres, des prescriptions de nature pour soigner les troubles mentaux
C'est prouvé : passer du temps dans la nature réduit l'anxiété ou le stress. Une association londonienne propose à des patients atteints de troubles mentaux de reprendre contact avec la nature. Les séances sont prescrites par des médecins.
Des médecins généralistes qui prescrivent un programme pour se reconnecter avec la nature. Ça vous semble improbable ? Et pourtant, à Londres, c’est possible ! Le programme en question est proposé par l’association Dose of nature. Celle-ci propose de soigner les troubles mentaux par le contact avec le vivant. C’est un succès : depuis sa création en 2020, l’organisation a réalisé plus de 1 500 séances individuelles. Le taux de guérison s’élève à 64 %, contre 50 % pour les thérapies classiques par la parole proposées par le service national de santé britannique (NHS).
Le programme s’adresse en priorité aux personnes souffrant de stress, d’anxiété, de troubles du sommeil, de trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), de stress post-traumatique…
Huit semaines de prescription
Le programme de Dose of Nature, gratuit, est prescrit par un médecin généraliste. Il dure huit semaines. Il débute par une évaluation et un entretien de 90 minutes avec un psychologue. Un guide bénévole formé, qui a souvent lui-même bénéficié du programme en amont, accompagne le patient. Des séances à l’extérieur et en tête-à-tête sont organisées chaque semaine. L’objectif : passer du temps dehors et observer la nature.
Une fois le programme terminé, les patients peuvent continuer à participer à des activités collectives. Ils peuvent rejoindre des sorties en nature, des projets artistiques à l’extérieur (écriture, tricot…). Ou encore des activités sportives (yoga, balades nocturnes ou ornithologiques, tennis…).
La nature a des bienfaits prouvés scientifiquement
Les bienfaits de la nature sur la santé ne sont plus à prouver. Dès 1984, le chercheur américain Robert Ulrich a ainsi démontré que les patients hospitalisés après une intervention chirurgicale dans une chambre avec vue sur un parc avaient une meilleure convalescence.
Et, concernant les troubles mentaux, selon une étude publiée dans l’International Journal of Environmental Research and Public Health en 2017, passer du temps entouré d’arbres abaisserait le rythme cardiaque, la pression artérielle et le taux d’hormones liées au stress, le cortisol et l’adrénaline. Les bienfaits pourraient d’ailleurs se faire ressentir dès l’enfance. Une étude danoise de 2019 menée sur environ un million de personnes montre ainsi que les enfants qui grandissent dans des milieux urbains, ont 55 % plus de risques de développer des troubles psychiatriques.
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