Ça fait réfléchir
No Spend Challenge : un défi populaire qui pointe la précarité des jeunes
Réfléchir à sa consommation a du bon. Mais il est aussi le reflet de l'angoisse de la fin du mois.
Réduire drastiquement ses dépenses pendant un mois. Le défi a été viral sur les réseaux sociaux à la rentrée, notamment auprès des jeunes. Nommé No Spend Challenge (« Défi de ne pas dépenser »), il a consisté à traquer, pendant un mois ou plus, toutes les petites dépenses du quotidien : zapper la boisson chaude à la machine à café, remplacer son déjeuner à l’extérieur par un tupperware préparé à la maison, bannir les livraisons de repas ou les achats impulsifs sur internet, résilier les abonnements aux plateformes de streaming, préférer des activités gratuites ou presque, comme la lecture, la course à pieds ou l’écriture…
L’ application d’épargne, Plum, a tenté de cerner l’ampleur du phénomène. Selon une enquête réalisée auprès de 1 000 personnes âgées de 18 à 34 ans, 50 % des jeunes étaient intéressés pour participer au défi, et plus d’un sondé sur deux visait une épargne d’au moins 100 euros à la fin du mois. Certains estimaient pouvoir économiser jusqu’à 300 euros.
Derrière le No Spend Challenge : la précarité des jeunes
Le No Spend Challenge a des impacts positifs. Il invite par exemple à identifier ses besoins réels, à déjouer les sirènes de la surconsommation et à redécouvrir ce que l’on possède déjà.
Mais il cache aussi (et surtout) une réalité moins reluisante.
Les jeunes sont en effet touchés de plein fouet par la baisse du pouvoir d’achat et l’inflation. Selon un rapport de l’Observatoire des inégalités de 2024, près de la moitié des personnes pauvres ont moins de 30 ans. Le coût pour se loger, la hausse des frais de scolarité, l’augmentation du prix de l’alimentation impactent tout particulièrement le monde étudiant.
A cela s’ajoute l’angoisse de l’avenir. Un jeune sur deux exprime un fort sentiment d’angoisse en pensant à sa situation actuelle et à son futur. Plus de 50 % des jeunes se disent même « désespéré », selon le Baromètre Ipsos-Secours populaire, publié en 2025. Déjà impactés par la pandémie de Covid-19 dans une période pourtant cruciale pour se construire socialement et professionnellement, les jeunes rencontrent une difficulté d’accès au marché du travail. En cause, notamment, le développement de l’IA qui automatise des tâches autrefois confiés à des profils débutants.
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