Guide pratique écologique

Comment lutter contre la désinformation

Et éviter les fake news.

Être capable d'identifier les fake news est essentiel pour bien s'informer. Crédits vectorjuice
Être capable d'identifier les fake news est essentiel pour bien s'informer. Crédits vectorjuice

Écrit par Déborah Berthier

Fake news, vidéo truquées, climatoscepticisme à peine déguisé, concentration des médias, montée de sites véhiculant des idées d’extrême droite… Difficile d’y voir clair lorsque l’on essaie de s’informer.

Face à ces enjeux, disposer d’outils simples et fiables pour naviguer dans l’information est devenu essentiel. Voici un guide pratique pour renforcer son esprit critique et mieux reconnaître la désinformation.

1. Croiser les sources

Ne jamais se contenter d’une seule source. Lorsqu’une info paraît sensationnaliste, choquante ou trop alignée avec nos propres opinions, c’est souvent le signe qu’il faut vérifier.
Comparer ce qu’en disent plusieurs médias permet de détecter les incohérences ou les narrations orientées.

2. Identifier la nature du média que l’on consulte

Avant de partager une information, se poser quelques questions simples :

  • Qui finance ce média ?
  • Quelle est sa ligne éditoriale ?
  • S’agit-il d’un site reconnu, satirique, partisan, ou anonyme ?

Être conscient de la concentration médiatique permet de mieux comprendre les enjeux de pouvoir. Lorsque les mêmes intérêts économiques contrôlent plusieurs titres, chaînes ou radios, la variété des angles peut se réduire.

3. Vérifier l’origine et la date du contenu

Une grande partie de la désinformation repose sur des images sorties de leur contexte, des vidéos anciennes présentées comme récentes, ou encore des chiffres non sourcés ou obsolètes.Toujours vérifier qui parle, quand et d’où provient la citation ou l’image.

De plus en plus de contenus (images, textes, vidéo…) sont générés grâce à l’intelligence artificielle, sans vérification des informations. Ce qui accroît encore le phénomène de désinformation. Certains médias s’engagent toutefois à ne pas y recourir. Dans un souci de transparence, d’autres précisent lorsque l’IA a été utilisée. Prêtez donc attention à ces éléments.

4. Développer une vigilance particulière sur les sujets sensibles, comme le climat

Le climatoscepticisme est l’un des terrains privilégiés de la désinformation. Pour le repérer, vous pouvez vous référer aux organismes scientifiques reconnus (GIEC, CNRS, Météo-France, IPCC). A l’inverse, méfiez-vous des argumentaires simplistes du type “il a fait froid cette semaine donc le réchauffement est faux” et  vérifier si “l’expert” mis en avant est réellement spécialiste du climat ou simplement chroniqueur médiatique.
La désinformation climatique utilise souvent les mêmes ressorts : fausses statistiques, graphique tronqué, accusation de complot, discours d’autorité non légitimé.

5. Contre la désinformation, s’appuyer sur des médias indépendants

Les médias indépendants jouent un rôle essentiel en proposant des enquêtes de long cours, des analyses moins dépendantes des pouvoirs économiques, une transparence sur leur financement.
Diversifier ses sources en incluant des journaux associatifs, des médias d’investigation, des rédactions indépendantes permet de sortir du flux d’information contrôlé par quelques grands groupes.

6. Utiliser les observatoires et les organismes de vérification

Plusieurs structures travaillent quotidiennement à identifier et démonter les fausses informations. On peut citer Les Décodeurs (Le Monde), AFP Factuel, CheckNews ou encore Conspiracy Watch. Ces plateformes proposent des analyses accessibles et méthodiques : des ressources idéales pour comprendre d’où vient une info douteuse.

On peut également citer l’Observatoire des médias sur l’écologie, lancé par Quota Climat, qui analyse la façon dont les questions environnementales sont traitées dans les médias.

7. Apprendre à reconnaître les signaux faibles d’une info manipulée

Quelques indices récurrents permettent de faire la différence. Si vous identifiez un ton très alarmiste (“révélation choquante”, “on vous ment”), la promesse d’une vérité cachée, une absence de sources ou un renvoi vers d’autres sites douteux, c’est mauvais signe. De même qu’une attaque contre les journalistes ou les scientifiques, ou encore des titres volontairement trompeurs destinés au clic.
Dès que la charge émotionnelle est forte, la prudence doit augmenter.

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