Comprendre en 1 minute

Où sont passés les légumes moches ?

Biscornus, trop petits... ils ont disparu des rayons.

Il y a une dizaine d'année, les légumes moches avaient été vantés dans des campagnes de communication. Crédits campagne communication Intermarché
Il y a une dizaine d'année, les légumes moches avaient été vantés dans des campagnes de communication. Crédits campagne communication Intermarché

Écrit par Déborah Berthier

Tordus, trop petits, biscornus, ils devaient transformer notre façon de consommer.

Au milieu des années 2010, plusieurs enseignes de la grande distribution tentent un pari : vendre des fruits et légumes « moches ». Des légumes imparfaits, rejetés jusque-là pour des raisons purement esthétiques. Rayons dédiés, prix réduits, slogans percutants : l’initiative a d’abord séduit. Les consommateurs applaudissent, les médias s’enthousiasment, et les légumes moches deviennent un symbole de la lutte contre le gaspillage alimentaire. Mais cette mise en avant n’aura duré que quelques saisons. Progressivement, les rayons disparaissent, les campagnes s’arrêtent et les légumes moches retournent à l’invisibilité.

L’échec des légumes moches dans la grande distribution

Pourquoi cet échec ? Si les consommateurs se disaient favorables au principe, dans les faits, ils continuaient majoritairement à choisir des produits « beaux ». Le soutien était souvent symbolique, mais pas systématique dans les actes d’achat.

Par ailleurs, ces légumes posent un certain nombre de problématiques aux distributeurs, peu habitués à ce manque de standardisation. Ils nécessitent une logistique spécifique (tri et stockage séparé). Leur rotation en rayon est parfois plus lente. Ils sont souvent vendus moins cher. Et sont donc très peu rentables pour les enseignes.

Que deviennent ces légumes ?

Mais s’ils ne finissent pas dans nos supermarchés, où finissent-ils ? Car en Europe, environ 30 % des fruits et légumes produits ne répondent pas aux critères esthétiques du marché. Ils sont donc écartés avant même d’être vendus en rayon. En France, ce chiffre atteint environ 40 %.

En réalité, la majorité des légumes moches sont intégrés dans la transformation industrielle, où l’apparence n’a aucune importance : soupes, purées, compotes, jus, plats préparés, conserves… Une autre grande part des légumes moches est redirigée vers l’alimentation animale. Les filières d’élevage — bovins, porcins, volailles —, qui consomment des légumes.

Quand les volumes sont trop importants ou impropres à toute valorisation alimentaire, ils sont utilisés dans des unités de méthanisation pour produire du biogaz ou de l’électricité.  Ils servent aussi de matière première au compost pour fertiliser des sols.

Enfin, une fraction non négligeable de ces légumes moches ne quitte jamais le champ. Trop petits, trop irréguliers.  Jugés trop coûteux à récolter. En France, on estime qu’environ 10 % d’entre eux ne sont pas récoltés.

Il faut toutefois préciser que l’on retrouve ces légumes non standards dans les circuits courts, les Amap, ou les paniers « anti-gaspi » !

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