Bizarre et intéressant
Qu’est-ce que la souveraineté alimentaire ?
La définition fait débat...
La notion de souveraineté alimentaire est revenue au cœur de l’actualité avec la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine. Elle s’est hissée comme l’un des axes principaux des politiques publiques agricoles françaises*. Mais la définition de la souveraineté alimentaire ne fait pas consensus.
Un concept initié par un mouvement paysan
Le concept de souveraineté alimentaire a été défini en 1996 par le mouvement paysan international Via Campesina, en réaction «aux politiques néo-libérales». Il décrit le « droit des peuples à une alimentation saine et culturellement appropriée produite avec des méthodes durables, et le droit des peuples de définir leurs propres systèmes agricoles et alimentaires. »
Le mouvement promeut une agriculture avant tout locale et traditionnelle. «La souveraineté alimentaire donne la priorité aux économies et aux marchés locaux et nationaux et fait primer une agriculture paysanne et familiale, une pêche traditionnelle, un élevage de pasteurs, ainsi qu’une production, distribution et consommation alimentaires basées sur la durabilité environnementale, sociale et économique», ajoute Via Campesina sur son site internet.
Une notion récupérée pour intensifier la production
Mais la souveraineté alimentaire défendue par le gouvernement français se démarque de cette définition orginele. Le gouvernement français décrit cette notion « comme le maintien et le développement des capacités de la Nation à produire, à transformer et à distribuer les produits agricoles et alimentaires nécessaires à l’accès de l’ensemble de la population à une alimentation saine, et le soutien des capacités exportatrices contribuant à la sécurité alimentaire mondiale ». Une vision qui balaie l’agriculture locale et paysanne pour viser une intensification de la production.
Cette définition est décriée notamment par le Réseau Action Climat (RAC), dans un rapport publié il y a un an. « Un narratif politique est en train de s’imposer visant à augmenter et intensifier la production animale française, pour avoir des élevages plus grands et plus intensifs, au prétexte de la recherche de “souveraineté” », ajoute-t-il. « Mais l’élevage intensif dépend d’importations et mobilise une part importante de la surface cultivée », explique le RAC. La France importe en effet de grandes quantités d’aliments riches en protéines pour nourrir ses animaux d’élevage. Par exemple, en 2022, nous avons importé 3 millions de tonnes de soja, principalement d’Amérique latine.
*Le gouvernement a promulgué la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture en mars 2025.
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Bonjour, vos sources sont assez bizarres, et pas souvent vérifiées je trouve. Le terme de souveraineté est connu en France largement avant le 20eme siècle, et désigne le fait d’être autonome dans son état en alimentaire, défense, santé, éducation, etc… C’est le concept initié par « via Campesina » qui se démarque de la définition originelle. Cordialement.