Comprendre en 1 minute
Accord UE-Mercosur : on fait le point
Le traité UE- Mercosur (pour « marché commun du Sud ») est un traité visant à libéraliser les échanges entre l’Union européenne et quatre pays d’Amérique latine (l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay). Il a pour but d’accroître les relations commerciales et de promouvoir la coopération entre les deux blocs de pays.
L’accord prévoit notamment de réduire d’environ 90 % les droits de douane sur une liste de produits. Il entend ouvrir le marché européen aux produits agricoles sud-américains, dont 990 000 tonnes de boeuf, 180 000 tonnes de volaille, 180 000 tonnes de sucre et 60 000 tonnes de riz par an. Les pays du Mercosur s’engagent quant à eux à réduire les droits de douanes sur les voitures, les vêtements, le vin, le chocolat ou les fruits frais venus d’Europe.
Des négociations depuis plus de 20 ans
Les négociations entre l’UE et le Mercosur ont été lancées en 1999. Ce n’est que le 17 janvier 2026 qu’un accord a été formellement signé par la Commission européenne.
La ratification nécessite néanmoins aujourd’hui l’accord du Parlement européen. Le 21 janvier, celui-ci a voté de justesse la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne pour contrôler la conformité de l’accord avec les traités européens. La procédure devrait durer au minimum un an, repoussant d’autant le vote. Cette décision a été accueillie par des hourras de la part des agriculteurs, mobilisés devant le parlement européen de Strasbourg.
De nombreuses critiques
Cet accord est en effet âprement critiqué, notamment par les agriculteurs et les mouvements écologistes.
Les détracteurs du traité craignent que celui-ci provoque une concurrence déloyale envers les agriculteurs européens. D’autant plus que les produits sud-américains répondent à des normes moins strictes en matière de pesticides et d’usage des antibiotiques. Si les produits doivent respecter les normes européennes, les opposants craignent qu’il soit impossible de contrôler l’ensemble des importations.
Du côté de l’impact environnemental, le bilan n’est, lui aussi, pas reluisant. L’intensification des flux commerciaux augmentent les émissions de gaz à effet de serre, contribuant au réchauffement climatique.
Malgré la saisine de la Cour de justice, l’application du traité n’est néanmoins pas mise sur pause. Dans l’attente du vote, la Commission peut décider de lever provisoirement les barrières commerciales avec l’Amérique du Sud.
Pas de commentaires