Élevage intensif en France : une minorité d’exploitations concentre les animaux
1 % des élevages détiennent 50 % des animaux, selon L214. Concentrer les efforts de transition vers ces exploitations aurait un gros impact.
Selon l’association de défense des animaux L214, 1 % des élevages concentrent à eux seuls 50 % des animaux élevés pour la consommation en France. Ces 1 %, c’est 2 000 grandes exploitations qui regroupent 130 millions d’animaux.
Ces estimations ont été dévoilées en novembre 2025, suite à une enquête réalisée par drone et via l’épluchage de données des directions régionales de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt.
Toujours d’après L214, au total, 80 % des animaux terrestres en France sont élevés en système intensif. La Bretagne et les Pays de la Loire sont particulièrement concernés. La plus grosse exploitation porcine est située dans le Finistère (29) avec plus de 20 000 cochons. La région des Pays de la Loire comptabilise quant à elle plus de 78 millions d’animaux dans ses élevages.
L’élevage intensif en question
Cette enquête est une réponse au président de la FNSEA, Arnaud Rousseau. Celui-ci avait affirmé quelques mois plus tôt sur le plateau de BFM TV que « L’élevage intensif n’existe pas en France », et que « 80% de l’élevage français est à l’herbe ». « Allez voir ce qu’il se passe en Russie […], au Brésil, aux États-Unis », a-t-il ajouté. « On parle d’élevage de plusieurs milliers de vaches [… ] Et c’est d’ailleurs parce qu’on a une difficulté de compétitivité que cet élevage [à l’herbe, en France,] est en train de disparaître. »
Si ces chiffres sont vrais pour les bovins dans l’Hexagone, c’est plutôt l’inverse concernant les autres animaux d’élevage. Environ 95 % des porcs sont élevés en bâtiment fermé sans accès à l’extérieur. Quelque 80 % des poulets de chair proviennent d’élevages industriels sans accès au plein air. Les lapins sont presque en totalité (99 %) élevés en cage.
Pour « mettre fin à l’élevage intensif » , l’association propose de « diviser de moitié le nombre d’animaux tués » d’ici 2030.
Accompagner les éleveurs
Reste à faire transitionner le modèle agricole. La transition des éleveurs est une problématique complexe. Les agriculteurs sont souvent pris entre les griffes d’un système économique qui les enchaîne à un modèle intensif. Le documentaire d’investigation Violence dans les champs (en accès libre sur France.tv) , réalisé par les journalistes Nicolas Legendre et Magali Serre, en fait la démonstration.
L’endettement des agriculteurs atteignait en moyenne 204 330 euros par exploitation. Soit quatre fois plus qu’en 1980, selon le service de la statistique du ministère de l’Agriculture. La transition doit nécessairement passer par un accompagnement des agriculteurs. Or, selon un article publié en 2024 dans la revue scientifique Nature, la politique agricole commune (PAC) en Europe finance 4 fois plus les produits d’origine animale que les produits d’origine végétale.
La transition dans l’assiette
Chaque année, 1,2 milliard d’animaux terrestres (cochons, poulets, veaux, vaches…) et 7 milliards d’animaux aquatiques (poissons, crabes, crevettes…) sont tués pour l’alimentation en France, toujours selon L214.
La transition passe donc aussi par l’assiette : réduire la consommation de produits carnés, consommer de la viande française, de préférence labellisée bio*, et végétaliser son assiette avec des légumineuses et légumes français.
* Le cahier des charges du label impose des pratiques en faveur du bien-être animal (en savoir plus ici )
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