Le chiffre
Les émissions de CO2 de Google ont augmenté de 82 % depuis 2019, celles d’Amazon de 58 %
Des émissions notamment liées à la course à l'IA.
Les ambitions annoncées étaient pourtant pleine de bonnes intentions. Google s’était fixé pour objectif de diminuer ses émissions de CO2 de moitié entre 2019 et 2030. Amazon de son côté avait promis la neutralité carbone pour 2040. Mais la publication de leurs derniers rapports annuels laisse peu de place au doute. Les géants de la tech vont devoir revoir leur feuille de route environnementale largement à la baisse.
Sur la période 2019-2026, Google a vu ses émissions bondir de 82 %, et Amazon de 58 %. Principale responsable de cette hausse : la construction de nouveaux centres de données particulièrement énergivores. Les émissions de cette seule activité, en pleine effervescence avec l’essor de l’Intelligence artificielle, ont ainsi grimpé de 40 % chez Amazon. Parmi les autres activités les plus polluantes, citons la fabrication de puces et de serveurs pour Google, et les émissions logistiques (livraisons, entrepôts…) pour Amazon.
Toute la chaîne d’approvisionnement en cause
Si ces activités sont particulièrement nocives pour l’environnement, c’est parce que les fournisseurs de ces deux géants opèrent en grande partie dans des régions encore peu ouvertes aux énergies renouvelables et largement dépendantes des énergies fossiles. Or 85 % de l’empreinte de Google et 76 % de celle d’Amazon sont le fait de leurs chaînes d’approvisionnement respectives.
Pourtant, des initiatives conséquentes en faveur d’une énergie décarbonée ont été prises par chacun des groupes. Google aurait, d’après son rapport, signé un volume record de contrats d’énergie décarbonée en 2025 (12 Gigawatts), et Amazon se présente comme le premier acheteur mondial d’énergies renouvelables. Mais tout cela ne suffit pas à réduire leurs émissions de carbone : de quoi prendre la mesure du gigantisme de leurs consommations d’énergie.
Pour se justifier, chacun rejette la faute sur des éléments extérieurs. Pour Google et sa directrice du développement durable, Kate Brandt, ce sont les infrastructures qui n’arrivent pas à suivre leur rythme : « Notre déploiement d’infrastructures d’IA s’accélère actuellement plus vite que le réseau électrique ne se décarbone ». Et d’après Kara Hurst, au même poste chez Amazon, c’est « la hausse de la demande » qui pourrait ralentir les ambitions environnementales du groupe. La fuite en avant n’est pas prête de s’arrêter.
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