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G7 : le climat, grand absent des discussions internationales
Même le “G7 Environnement” n’aborde pas le réchauffement climatique.
Alors que la canicule a touché la France dès le mois de mai, la réunion du G7 à Evian-les-Bains (Haute-Savoie) pouvait laisser espérer que le réchauffement climatique soit au cœur des débats. Au lieu de cela, le climat a tout simplement disparu de son agenda. Il a certes été question d’autres sujets importants comme la guerre en Ukraine, le conflit iranien ou l’épidémie d’Ebola. Mais ni les discussions, ni les déclarations officielles ne font référence au climat, sorti de l’agenda.
Pour Anne Bringault, directrice des programmes au Réseau Action Climat, la cause de cet oubli est simple. Lors d’une conférence de presse réunissant son ONG ainsi qu’Oxfam France, Action contre la faim, 350.org, Solidarités International et CCFD-Terre solidaire, elle a déclaré que La France « a décidé de ne pas fâcher monsieur Trump, qui est climatosceptique». Pour cela, exit donc la crise climatique, mais aussi les tensions énergétiques liées à la situation en Iran, ainsi que les débats sur la sortie des énergies fossiles.
Pas de climat au G7 Environnement
Peut-être le sujet climatique avait-il été tout simplement déplacé vers les rencontres du G7 environnement, tenues quelques semaines plus tôt à Paris ? Spoiler : pas du tout. Le texte final aborde les sujets -importants malgré tout – de la sécurité et l’environnement, du financement de la biodiversité, de l’océan, de la politique de l’eau, de la santé environnementale et des catastrophes naturelles. Grand absent de cette liste : le climat, absolument pas évoqué.
Et comme à Evian, c’est pour ne pas froisser les États-Unis que le sujet a été volontairement oublié. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, l’affirme elle-même dans les colonnes du Monde : « Nous n’avons pas souhaité aborder ce sujet de front car si nous l’avions fait, nous aurions pris le risque de voir certains partenaires quitter la table des négociations et donc de ne rien obtenir du tout ».
Un ministère de la Transition écologique affaibli
Hors G7, la ministre traite peut-être ce sujet au niveau national ? Re-spoiler : toujours pas. Depuis sa nomination, elle se heurte à des ministères plus puissants (Agriculture notamment). Lors du vote de la loi d’urgence agricole, ses arguments en faveur de la qualité de l’eau n’ont pas fait le poids face au ministère de l’Agriculture. Mais d’après des observateurs, le problème ne vient pas que d’elle. Comme le dit Delphine Batho, députée écologiste, dans Le Monde : « Quand ni le président de la République ni le premier ministre ne donnent la priorité à ces enjeux [écologiques], c’est mission impossible ». Début juin, c’est bien Sébastien Lecornu qui annonçait l’annulation ou le gel de 275 millions d’euros destinés à l’écologie, et notamment au Fonds vert. Et c’est aussi lui qui défendait TotalEnergies face au projet de taxer ses superprofits.
A l’heure où nous écrivons ces lignes, il fait 39° à Paris. Et nous sortons tout juste de la nuit la plus chaude jamais enregistrée en France.
Crédits photos : Number 10 – licence CC BY-NC-ND 4.0
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