Le chiffre

Hausse de 10% du nombre de loups pouvant être tués

Une mesure qui ne convainc ni les éleveurs, ni les écologistes.

Hausse de 10% du nombre de loups pouvant être tués. Crédit : Jp Valery / Unsplash
Hausse de 10% du nombre de loups pouvant être tués. Crédit : Jp Valery / Unsplash

Écrit par Pauline Fricot

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé le 9 janvier une augmentation de 10 % du nombre de loups pouvant être tués. Soit 22 animaux supplémentaires par an.

Le seuil d’abattage est actuellement fixé à 19 % de la population estimée à l’année. Cela représentait 192 animaux en 2025. La ministre a justifié la hausse de ce quota car « le loup s’étend de plus en plus dans des territoires nouveaux » et « il se multiplie ».

Un millier de loups  vivraient en France

Selon les chiffres officiels publiés en novembre 2025, la population de loups en France est restée stable en 2025. Environ 1 082 individus seraient présents sur le territoire. Les éleveurs ovins contestent néanmoins cette donnée, qu’ils jugent sous-estimée. Depuis plusieurs années, ils plaident pour une hausse du quota d’abattage. L’annonce du gouvernement reste néanmoins insuffisante selon eux.

Le président de la Fédération ovine de la Drôme, Frédéric Gontard, a par exemple expliqué que les pertes sur son territoire ont augmenté de 20 % par rapport à l’an dernier. Et ce, malgré le déploiement de 1 070 chiens de protection. La Drôme est l’un des départements les plus touchés par les attaques en France.

L’abattage jugé inefficace

Cette mesure inquiète aussi les associations de protection de l’environnement. Jean-David Abel, responsable biodiversité de France Nature Environnement, s’est opposé fermement à cette décision sur FranceInfo. Selon lui, le gouvernement « s’assoit totalement sur le droit », qui contraint normalement les États à protéger le loup. Avec les quotas d’abattage actuels « la population avait plus de 50 % de chance de régresser », précise-t-il.

Cette technique de régulation de la population est également décriée car elle est jugée inefficace pour protéger les troupeaux. « Une fois les adultes expérimentés abattus, les survivants esseulés se retrouvent incapables de chasser le gibier sauvage. Les jeunes loups ne connaissent pas les techniques pour attraper un cerf ou un sanglier. Alors que font-ils ? Ils se rabattent sur des proies faciles », explique à Reporterre l’éthologue Pierre Jouventin.

Le chercheur au CNRS explique également dans un autre entretien publié l’été dernier que l’abattage participe aussi à l’étalement géographique de l’animal. « Quand vous tirez sur une meute, et que vous tuez les dominants, la meute explose. Les jeunes partent à la recherche d’un territoire [et] leur sexualité n’est plus réprimée par le couple dominant ».

L’État avait déjà annoncé en septembre dernier un assouplissement des règles de tir. Suite à une attaque sur leur troupeau, les éleveurs pourront désormais tuer un loup sans autorisation préalable : celle-ci était obligatoire jusqu’alors.

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