Le point sur
Comment les universités se préparent à l’IA ?
Les communautés universitaires se dotent de chartes pour encadrer les usages et garantir transparence et responsabilité.
L’IA est partout et bouleverse métiers et pratiques, notamment dans l’enseignement. Alors, comment les universités se préparent-elles à l’IA ?
Fraude, intégrité et sécurité
Des étudiants qui fraudent en photographiant les questions de leur examen pour la transmettre à l’IA ; des enseignants qui conçoivent leurs cours, voir leurs examens avec l’aide de l’IA ; des agents administratifs qui utilisent l’IA pour résumer un compte-rendu de réunion interne.
L’utilisation de l’intelligence artificielle générative (IAg), comme ChatGPT ou Claude, pose de nombreux problèmes : sécurité des données, risques de fraudes, affaiblissement de la valeur des diplômes, intégrité intellectuelle des chercheurs, impacts environnementaux (énergie, eau, métaux, etc.) et sociétaux (risques démocratiques, impacts psychologiques, etc.).
Des Chartes
La nécessité de définir un cadre commun d’utilisation pour toute la communauté universitaire (enseignants, étudiants et personnel administratif) s’impose au fur-et-à-mesure que les usages et risques augmentent. Ce cadre définit les pratiques où l’IA est autorisée, limitée ou interdite.
Les premiers à réagir ont été les Québécois. L’Université de Sherbrooke a ainsi définit dès 2023 des balises d’utilisation de l’IA dans les cours, avant que de nombreuses universités françaises ne s’emparent du sujet et rédigent leur charte d’utilisation.
Transparence, éthique et responsabilité
Puisque bannir complètement les IA est impossible, les universités cherchent plutôt à valoriser et enseigner un usage éthique, transparent et responsable des IA. Elles rappellent pour cela les multiples impacts environnementaux et sociétaux de cette technologie. La rédaction d’une charte à défaut d’empêcher les fraudes, permet de les anticiper et de les sanctionner.
A l’Université de Cergy (95), la rédaction d’une charte sur l’usage de l’IA s’est faite de façon collaborative. Des ateliers réunissant enseignants, étudiants et personnels administratifs, ont été organisés. Ils ont discuté des avantages, des dangers et des limites à poser à cet outil.
Les participants ont ainsi abordé la question des impacts environnementaux de l’IA (et donc la nécessité de cibler et restreindre son usage), de la relecture critique des informations données par l’IA, des risques de plagiats, de la sécurité des données alors que l’outil et le stockage sont américains, etc.
Savoir y renoncer
Leurs discussions ont abouti à une charte commune qui pose des limites claires et l’obligation de citer son usage. Il a été décidé de reprendre les balises imaginées par l’Université de Sherbrooke, « autorisée », « limitée » et « interdite », permettant de définir l’IA selon les cours et le travail à effectuer.
L’usage de l’IA est ainsi bien plus réduit pour les étudiants en première année qu’en 3e par exemple. Le personnel administratif peut utiliser l’IA pour certaines tâches, mais uniquement avec une adresse mail personnelle. Les documents transmis à l’IA doivent quant à eux toujours être anonymisés. Quant aux enseignants, ils devront préciser si, comment et pour quoi ils auront utilisé une IA.
Au final, le but est de permettre à toute la communauté universitaire d’apprendre à utiliser l’outil avec un regard critique. Et à savoir aussi y renoncer.
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