Le chiffre
3 500 écoles et établissements scolaires ont fermé en juin à cause de la canicule. N’oublions pas !
Et ça risque de se répéter les prochaines années...
Si la canicule ne devrait pas perturber la rentrée dans les écoles, il demeure important de se souvenir de la fin d’année chaotique qu’ont vécue élèves, enseignants et parents.
Au mois de juin dernier, lorsque le mercure pouvait indiquer près de 40 °C, ce ne sont pas moins de 3 500 établissements scolaires qui ont dû fermer leurs portes, faute de pouvoir accueillir les élèves dans des conditions raisonnables. Il faut y ajouter environ 10 000 établissements supplémentaires qui, à défaut de fermeture complète, ont dû aménager leurs horaires et leur fonctionnement. Et on ne compte même pas les écoles ou collèges ayant seulement préconisé le retrait des élèves, sans y contraindre les familles. Au total, la vague de chaleur aura eu un impact direct sur près d’un quart des établissements scolaires du pays.
Élèves, familles et personnel éducatif ont ainsi tous dû faire appel au système D pour traverser cette période difficile : répartition des élèves dans les classes les moins exposées au soleil, poses de couvertures de survie sur les fenêtres, incitations à retirer les enfants de l’école, partage de la garde des enfants entre les parents pouvant télétravailler.
Une gestion catastrophique
Si la situation a été particulièrement difficile à gérer, c’est notamment du fait d’un manque criant d’anticipation à l’échelle nationale. Car avant le mois de juin, le gouvernement n’avait pris que des mesures de prévention. Et pour les aménagements d’horaires ou la commande en urgence de climatiseurs mobiles, il renvoyait la balle aux collectivités locales et aux rectorats. À part cela, et malgré les alertes répétées des différents rapport du GIEC et de la communauté scientifique quant à la hausse attendue des températures, aucune initiative d’ampleur n’avait vu le jour.
Il a fallu attendre cette vague caniculaire précoce pour qu’un plan national se dessine timidement : selon la Banque des Territoires, 190 millions d’euros ont été affectés fin juin pour adapter 12 500 établissements scolaires. Le calcul est simple : cela fait une moyenne de 15 200 € par établissement… Un chiffre bien éloigné du coût réel d’une vraie rénovation. Ce plan minimaliste se conjugue par ailleurs avec une autre mesure. Au printemps dernier, l’Éducation Nationale a annoncé la suppression de 4 000 postes pour cette rentrée.
Ces mesures sont à l’image de l’absence de prise de conscience politique quant aux conséquences du réchauffement climatique. Comme le déclare dans Le Monde Sarah Roussel, chargée de campagne à Greenpeace, au sujet des différentes vagues caniculaires de ces derniers mois : « Cela aurait pu être un point de bascule politique, mais ce sursaut n’a pas eu lieu »
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