Livre
« Aqua », de Gaspard Kœnig : un roman qui nous plonge dans la bataille de l’eau
Une immersion grinçante dans un village privé d'eau.
Date de publication : 01/01/2026
Prix : 23 €
Editeur : Les éditions de l'observatoire
Comment gérer l’eau à l’heure où elle vient à manquer ? Tel est le cœur de la réflexion d’Aqua, second ouvrage d’une série de romans dédiée aux quatre éléments écrite par Gaspard Koenig. Après la réflexion autour de la terre menée dans le premier volet, Humus, Aqua plonge le lecteur dans les enjeux liés à la gestion de l’eau.
Le roman se déroule dans un petit village normand, Saint-Firmin, implanté au bord d’une rivière. Aux élections municipales, une question fracture les deux candidats en lice : comment gérer au mieux l’eau du bourg ? D’un côté, Martin Jobard, neveu de l’agriculteur local ayant fait une brillante carrière à Paris et désireux d’étoffer son CV, plaide pour une intégration de la gestion de l’eau au réseau départemental. Maria, émigrée roumaine et néorurale adepte du bio, défend quant à elle bec et ongle une gestion de l’eau strictement locale aux côtés d’une partie des habitants, farouchement attachés à leur indépendance.
L’eau, de la commune au ministère
Mais ce désir d’indépendance va être mis à l’épreuve lorsque la précieuse ressource va manquer.
Surgissent une cascade d’enjeux : la pollution de l’eau, les sécheresses, les conflits d’usage… Le récit confronte les points de vue de différents personnages, qui auraient d’ailleurs gagné à être moins caricaturaux et genrés. Il met ainsi en scène un collapsologue qui se prépare à l’effondrement, une naturopathe spirituelle néo-rurale, un agriculteur conventionnel bougon, une secrétaire aigrie ou des représentants de l’administration avides de pouvoir. Gaspard Koenig, ex-plume au cabinet de Christine Lagarde au ministère de l’Économie, livre avec beaucoup de détails les conflits d’intérêt du village jusqu’aux couloirs des Ministères. Et quand l’eau vient à manquer, c’est la démocratie et la bonne volonté des plus déterminés qui vacillent.
La réussite du livre est de mettre en exergue les rapports de force en jeu et les arrangements que l’on fait avec soi et avec les autres dans un contexte de crise.
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