Le point sur
Un ver fait trembler la forêt des Landes
Les nématodes du pin, un ver microscopique, s'installent dans les "veines" des pins et... les tuent.
Quand on regarde le vivant au niveau microscopique, il se passe des choses… terrifiantes. L’histoire du nématode du pin, un minuscule ver (Bursaphelenchus xylophilus) qui menace la forêt des Landes en est une. Voyez plutôt. Monochamus est un insecte aux longues antennes faisant partie de la famille des coléoptères (famille dans laquelle on retrouve les coccinelles, les scarabées, les hannetons…). Les larves de Monochamus se planquent dans une cachette creusée dans l’écorce des pins maritimes (appelée joliment chambre nymphale) pour y passer l’hiver. Et ainsi devenir des nymphes, puis des adultes. Sauf que pendant ce repos douillet, des vers microscopiques, et mortels pour les arbres, s’invitent en toute discrétion. Pire ! Ils se cachent sous les élytres (les ailes) des insectes avant de se frayer un chemin jusqu’à… leur trachée. Sacrés invités. Certains insectes portent en eux un millier de vers !
Ainsi, d’avril à octobre, l’insouciant coléoptère adulte se balade d’arbre en arbre, parfois sur des kilomètres. Il consomme l’écorce de jeunes rameaux d’arbres sains… et les contaminent en leur refilant les nématodes du pin. Résultat pour les conifères touchés ? Les nématodes colonisent leurs vaisseaux et la circulation de la sève est bloquée. Et donc, très vite, c’est la mort.
4 millions d’arbres abattus au Portugal
Tout cela n’a rien d’anecdotique. Alors que la forêt des Landes est déjà soumise au réchauffement climatique, aux vagues de sécheresse, aux incendies, la venue du nématode du pin (qui nous arrive d’ailleurs d’Amérique du Nord) est une terrible nouvelle. Sa découverte sur la commune de Seignosse, en bord de mer, à 40 kilomètres de Dax, en novembre 2025, a provoqué un branle-bas de combat. La zone infestée autour du foyer doit subir une coupe rase… Le Portugal a déjà abattu 4 millions d’arbres pour cette raison ! La France était jusque là épargnée.
L’Inrae travaille à des pistes moins radicales que ces coupes rases. Et plus efficaces surtout : vu que le mini ver voyage, raser des arbres sur 500 m autour de l’infestation n’a pas grand sens. Ils préconisent, à court terme, d’identifier les arbres malades précocement et de les abattre. Et à plus long terme, l’organisme liste “plusieurs pistes […] pour ralentir la propagation : sélectionner des pins maritimes naturellement résistants, diversifier les forêts avec des feuillus ou des essences non-hôtes, comme le pin parasol.” Car les forêts des Landes n’ont quasi de forêt que le nom. Les monocultures, soit des grandes plantations d’arbres d’un seul type, sont très vulnérables aux ravageurs comme au reste des fléaux qui touchent nos bois.
Pas de commentaires