Bizarre et intéressant
Toc toc toc… Pourquoi le pic vert ou les autres pics n’ont pas mal à la tête ?
Les chercheurs divergent...
Adeptes de marches en forêt, vous n’avez pas pu le louper. Ce roulement de tambour, ce marteau-piqueur… Disons-le tout net, ce raffut ! C’est un pic, à coup sûr. Pas un pic vert (ou pivert) qui martèle très rarement mais un autre oiseau de la famille des pics, un pic épeiche par exemple comme sur la photo ci-dessus. Mais comment fait-il pour ne pas succomber à une migraine terrible après toutes ces vibrations ? Un si petit corps, un si grand barouf, cela devrait lui donner mal à la tête. Voire une commotion cérébrale ! Le sujet n’est pas si anodin. Il donne même du fil à retordre aux scientifiques. Tellement qu’on ne sait plus à quel saint chercheur se vouer.
En 2011, une étude scientifique s’était penchée sur la question. La conclusion des chercheurs Joanna McKittrick et Jae-Young Jung était que leur physionomie était adaptée. Pour absorber le choc : une matière spongieuse à la base du bec et une méga langue qui s’enroule, lorsqu’ils la rentrent, dans leur tête.
La langue d’un jeune pic vert mâle. Elle est effectivement très longue ! Crédit : hedera.baltica / CC BY-SA 2.0
Pas de super pouvoirs contre le mal de tête…
Las, bien que séduisante, l’hypothèse a été battue en brèche par l’équipe de Sam Van Wassenbergh, biomécanicien à l’Université d’Anvers. Déjà, avec un argument assez simple : le but d’un martèlement étant de marteler, si vous absorbez le choc, cela n’a plus grand sens. “Autrement dit, à quoi bon enfoncer un clou avec un marteau à ressorts ? “ résume-t-il à la revue La Salamandre. Alors quid ? Quels super pouvoirs – casque invisible, cellules antichoc – pourraient expliquer l’absence de traumatisme ? « Les pics ne frappent simplement pas assez fort pour se faire mal », répond le chercheur. Leur cerveau étant minus, ils n’en souffrent pas.
Tambourinement ou martèlement ?
Bon, maintenant que la question des maux de crâne est évacuée, nous allons vous éviter le jugement désapprobateur d’un ornithologue. Clarifions. Le martèlement et le tambourinage sont deux choses différentes. Le premier est le bruit que font les pics lorsqu’ils cherchent leur nourriture – ils délogent ainsi les insectes des troncs d’arbres pour les boulotter – ou pour creuser leur logis. Le second est plus puissant, plus sonore. Pour marquer leur territoire, ils toctoquent à qui mieux mieux. La Ligue pour la protection des oiseaux d’Alsace précise que tous les pics n’ont pas le même comportement.
“Le pic épeiche frappe 6 à 12 coups en moins d’une seconde ; le pic épeichette et le pic noir ont un tambourinage beaucoup plus long, plutôt faible pour le premier, mais qui porte jusqu’à un kilomètre pour le second. Tous les pics ne tambourinent cependant pas : le pic vert et le pic mars ne s’adonnent que rarement, voire pas du tout, à cette pratique.”
En tout cas, la prochaine fois que vous entendrez un pic, ne vous faites pas de bile pour leur cerveau … Et en attendant : écoutez celui-ci !

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