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Les infos importantes à connaître sur le cadmium

Label bio, aliments contaminés, position de la France ... on fait le point !

Cadmium : toutes les infos importantes à connaître Crédits : kevin laminto
Cadmium : toutes les infos importantes à connaître Crédits : kevin laminto

Écrit par Pauline Fricot

Près de la moitié des adultes  présentent déjà un niveau de cadmium dans leur organisme dépassant les valeurs toxicologiques de référence, a alerté l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) fin mars. Le cadmium, classé cancérigène, contamine en effet massivement notre alimentation. Quels sont les aliments les plus exposés ? Les aliments bio sont-ils une réelle alternative ? La Bouscule fait le point.

 A l’origine de la contamination : les engrais phosphatés

Le cadmium est un métal lourd naturellement présent – à très faible dose – dans la roche et dans les sols. Néanmoins, les activités humaines augmentent la concentration de ce métal dans l’environnement par l’utilisation d’engrais phosphatés riches en cadmium, importés notamment du Maroc. Absorbé par les racines des plantes, le cadmium se diffuse dans toute la plante et se retrouve ensuite dans les aliments que nous consommons.

Le cadmium est très persistant, que ce soit dans les sols ou une fois ingéré. « Il met environ 20 ans avant d’être éliminé par le corps », note l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement). Il s’accumule en particulier dans les reins et le foie.

La France plus contaminée que le reste de l’Europe

La France est beaucoup plus exposée que d’autres pays européens, souligne le rapport de l’Anses. « Les niveaux français sont jusqu’à trois ou quatre fois supérieurs à ceux d’autres pays comme la Belgique, l’Angleterre ou l’Italie », a alerté Géraldine Carne, toxicologue et coordinatrice de l’étude, sur FranceInfo. Selon la scientifique, cette surexposition pourrait être liée à « une utilisation plus importante de certains intrants agricoles » et d’une plus forte « consommation de produits céréaliers, plus contaminés ».

La France est aussi plus laxiste sur les taux de cadmium autorisé dans les engrais. Le pays autorise des teneurs en cadmium dans les engrais allant jusqu’à 90 mg/kg alors que l’Union Européenne recommande de ne pas dépasser 60 mg/kg. L’Anses recommande d’abaisser le seuil à 20 mg/kg depuis 2019. Cette limite a déjà été adoptée par certains pays comme la Finlande et la Slovaquie.

Le gouvernement était au courant

Le gouvernement savait et n’a rien mis en œuvre pour limiter l’exposition de la population.

L’OMS a classé le cadmium comme « cancérogène certain », il y a plus de 30 ans. La demande de l’Anses en 2019 d’abaisser les seuils de teneur en cadmium dans les engrais est restée lettre morte. «En 2021, une vaste étude de Santé publique France avait révélé que 47,6% de la population adulte (18-60 ans) dépassait le seuil de concentration critique de cadmium», rappelle le média Vert dans un article. 

Différents taux de concentration au cadmium

Les aliments ont des taux de contamination différents. Certains, comme les abats, les algues, les champignons concentrent particulièrement le cadmium. «La contribution [de ces aliments, ndlr] à l’exposition alimentaire totale des individus est faible car ils sont globalement peu consommés », souligne l’Inrae.

Néanmoins, la forte contamination au cadmium des aliments à base de céréales (pain, céréales du petit déjeuner ou du goûter, pâtes, biscuits) est plus préoccupante. En effet, la population consomme ces produits au quotidien, ce qui augmente donc leur exposition.

Et, aux fumeurs : gare à la cigarette ! Le niveau d’imprégnation au cadmium d’un fumeur augmente de 53 % par rapport à un non-fumeur, selon les données de Santé publique France.

Le bio, une alternative ?

Une confusion règne concernant l’alimentation biologique. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a en effet semé le trouble suite à la publication de son rapport en mars 2026, en mentionnant que  l’agriculture biologique est « potentiellement tout aussi impactée que l’agriculture conventionnelle  ».

La Fédération Nationale d’Agriculture Biologique (FNAB) a aussitôt réagi dans un communiqué. « La réglementation bio impose des seuils limites 30 % plus bas pour les phosphates miniers », a précisé la Fédération. De quoi limiter, donc, la contamination des sols. « Par ailleurs, les agriculteurs bio n’utilisent peu voire pas du tout de phosphates miniers, premiers responsables de la contamination des sols français au cadmium selon l’Anses. L’étude Phosphobio menée par Arvalis observe que les phosphates miniers représentent moins de 1 % des usages en bio. Les agriculteurs et agricultrices biologiques privilégient en effet les engrais organiques et effluents d’élevage », ajoute la FNAB. En d’autres termes : les engrais phosphatés pouvant contenir du cadmium sont très peu utilisés en agriculture biologique.  Une étude de 2014 a par exemple conclu à un écart de 48 % de teneur en cadmium entre les aliments bios et ceux issus de l’agriculture conventionnelle.

Mais le bio n’assure pas toujours une moindre contamination. Certains chocolats bio, par exemple, connaissent une contamination au cadmium plus importante que leurs homologues issus de l’agriculture conventionnelle. La raison ? La géographie ! Par exemple, les fèves de cacao bio en provenance du Pérou sont principalement issues d’Amérique latine, où, à certains endroits, les sols sont naturellement riches en cadmium.

En réaction, l’Anses a annoncé envisager de consacrer un rapport dédié aux avantages de l’agriculture biologique.

Dépollution du corps : les recherches en cours

Les scientifiques travaillent aujourd’hui sur des solutions pour dépolluer le corps. Par exemple, un procédé, appelé chélation intraveineuse, permet agripper et de sortir les molécules métalliques du corps.  Des recherches sont également en cours pour filtrer le sang par hémodialyse. Cette technique consiste à nettoyer le sang à l’aide d’une machine. Néanmoins, il s’agit d’une opération très lourde et onéreuse.

Le dépistage de l’exposition au cadmium devrait être remboursé à 100 % par l’Assurance maladie et les complémentaires santé d’ici quelques mois, ont signalé les représentants des biologistes médicaux et l’Assurance-maladie début avril. A suivre.

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