Le chiffre
L’énergie consommée en France est encore fossile à 60 % !
Alors que l'électricité française est largement décarbonée.
On entend régulièrement beaucoup de discours positifs sur la consommation énergétique française. Par exemple sur son électricité décarbonée, ou sur le développement des énergies renouvelables. Mais on oublie souvent le chiffre le plus important à retenir : en France, en 2024, presque 60 % (59,6 % pour être exact) de notre consommation d’énergie provient toujours du fossile (produits pétroliers, gaz naturel et charbon).
Nous sommes encore très loin du 100 % décarboné même si la situation progresse. Entre 1990 et 2024, la part du pétrole dans la consommation d’énergie est quand même passée de 50 % à 38 % du total. En parallèle, celle des énergies renouvelables a bondi de 8 à 14 %.
Ne pas confondre consommation énergétique et production électrique
Ce chiffre peut étonner. Sans doute parce que l’on met plus souvent en avant les bons chiffres environnementaux de la production d’électricité que ceux, moins reluisants, de la consommation d’énergie. La part d’électricité produite par les énergies fossiles est en effet historiquement basse : elle représente seulement 4,8 % de la production totale. Notre production nationale d’électricité est donc très largement décarbonée.
Mais cette électricité ne représente que 26 % de la consommation totale d’énergie. La France produit beaucoup plus d’électricité qu’elle n’en consomme. Elle exporte le surplus en Italie, en Allemagne ou en Belgique par exemple. Ainsi, comme le résume le gestionnaire du transport d’électricité en France RTE dans son Bilan électrique 2025 : “L’électrification des usages, qui doit résulter de la décarbonation de l’économie française et de la réindustrialisation du pays, apparaît en retard par rapport aux trajectoires nécessaires pour atteindre les objectifs climatiques de la France. » Et pendant ce temps, le pétrole et le gaz naturel sont très largement importés, avec des provenances très lointaines.
Pourquoi sommes-nous toujours autant dépendants du fossile ?
Pourquoi la part des énergies fossiles ne diminue t-elle pas plus vite au profit de l’électricité ? Selon certains experts, la réponse est à chercher du côté du prix à l’entrée. Nicolas Goldberg, est expert pour le groupe de réflexion Terra Nova. Il explique sur RFI : “Aujourd’hui, rouler à l’électrique est beaucoup plus économique que de rouler à l’essence. Pourtant, les particuliers restent beaucoup à la mobilité à essence. C’est dû au fait qu’acheter un véhicule électrique, s’équiper avec une pompe à chaleur, c’est un coût initial à l’entrée.”
Ce qui est vrai pour les particuliers l’est aussi pour les industriels, au nom de la compétitivité : “ Se déplacer avec des véhicules, des camions, c’est plus simple avec du pétrole. Dans l’industrie, le chauffage au gaz est souvent plus compétitif.
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