Bizarre et intéressant
Les insectes hibernent-ils une fois le froid venu ?
Découvrez les techniques des insectes pour passer l'hiver.
On a tous en tête l’image d’une marmotte, toute ronde d’avoir tant boulotté, prête à passer l’hiver dans son terrier, le bien nommé hibernaculum. Elle n’est pas la seule à hiberner : le loir aussi roupille quelques mois, tout comme les hérissons et les chauves-souris. Mais quid des insectes : hibernent-ils ? Que trament-ils le froid venu ? Déjà, il faut savoir que ce sont des animaux ectothermes, ils ne peuvent pas, comme nous les humains, produire de la chaleur par eux-mêmes.
« Quatre solutions s’offrent aux insectes à l’approche de l’hiver : migrer vers le sud, se cacher, s’adapter aux conditions ou, malheureusement, mourir », résume le Guepe, un organisme d’éducateurs à la nature québécois.
Il file à l’anglaise
En effet, certains (c’est rare) prennent la poudre d’escampette. L’exemple le plus impressionnant est celui du Grand Monarque (Danaus plexippus) qui migre sur environ… 4 000 km pour fuir l’Amérique du Nord et rejoindre le Mexique.
Certaines bêtes, elles, cherchent des refuges (tas de bois, écorces des arbres…) d’où l’intérêt de laisser nos jardins un peu tranquilles, sans vouloir à tout prix qu’ils soient tout propres et bien rangés. Les coccinelles se regroupent par grappes sous du bois mort, dans les fissures des bâtiments, ou dans nos maisons. D’autres s’enfouissent dans le sol pour se mettre à l’abri du gel. C’est le cas du bourdon terrestre, qui est un peu spécial. On peut l’apercevoir voleter en plein hiver en cas de redoux !
« L’insecte produit un antigel naturel »
En tous les cas, soumis au froid, ces insectes ne se mettent pas vraiment en hibernation (ça ce sont les animaux endothermes) mais plutôt en diapause. Et pour ne pas mourir, ils ont diverses astuces. « Afin de ne pas geler, l’insecte évacue l’eau de son corps et produit une substance dans son sang qui agit comme un antigel naturel, le glycérol (une sorte de sucre). Certaines espèces de coléoptères accumulent jusqu’à 30 % de leur poids en glycérol, ce qui leur permet de survivre jusqu’à des températures atteignant -50 °C», explique le Guepe.

Les abeilles se serrent les coudes
Ce phénomène de diapause n’intervient pas qu’en cas de froid. Regardez la punaise de lit, qui ne craint pas le froid vu qu’elle vit chez nous. En cas de disette, elle se met en diapause en attendant que les humains dont elle raffole rentrent ! Lorsqu’elle détecte de la chaleur et du CO2, elle remet son métabolisme en route.
Cela ne concerne pas que les adultes. Des espèces de papillons entrent en diapause à l’état de cocon ou de chrysalide. Sachant que l’état de torpeur ne se déclenche en réalité pas avec la température mais avec la durée du jour et de la nuit. « Tu peux trouver des cocons de papillons de nuit, les saturnidés, fixés aux branches des arbres fruitiers. Si tu les transportes dans la maison, il ne se passera rien, explique le site jeunesse du Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs québécois. Le développement est arrêté, ce n’est pas la chaleur qui réactivera la croissance. Tout reprendra au printemps avec la durée du jour qui va allonger. »
D’autres animaux restent actifs quand le froid débarque. C’est le cas des abeilles qui se regroupent dans un câlin général autour de la reine. Elles agitent très fort leurs ailes pour se tenir chaud. Crevant mais apparemment efficace. Voilà pourquoi elles produisent du miel : cela leur permet d’avoir du sucre à disposition.
Mourir !
Dernière option pour les insectes frileux : la mort, tout simplement. Nombre d’entre eux pondent afin de perpétuer l’espèce, puis succombent. C’est le cas de la mante religieuse, qui dépose des centaines d’oeufs dans une oothèque. Cette capsule protectrice permet à sa descendance de passer l’hiver à l’abri.
Avant de partir, on avait aussi envie de vous apprendre un dernier petit fait naturaliste. Il y a une différence entre hibernation et hivernation. « L’hibernation consiste à être dans un état léthargique pendant plusieurs mois, écrit le site du Muséum d’histoire naturelle. L’hivernation consiste, elle, à être plongé dans une somnolence durant l’hiver, mais à rester actif. Le cerveau reste dynamique et l’animal peut continuer à s’alimenter, à sortir de sa tanière, et il peut même mettre bas. » C’est le cas de l’ours brun, qui peut donc se réveiller en cas de danger.
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